Poèmes du monde

Et leur traduction.


L'Infini


Depuis toujours, me fut chère cette colline isolée,
Et cette haie qui dérobe au regard un si large
Pan du plus lointain horizon.
Mais, je m'assieds et contemple. Alors, se dessinent 
En mon esprit des étendues sans fin qui la dépassent,
Et de surhumains silences, et une quiétude des plus profondes
Où peu s'en faut que le cœur ne s'effraie. Et tel le vent
Que j'entends bruire parmi ces feuilles, en moi-même,
Silence infini et voix s'apparentent: et me revient en mémoire
L'éternel, et les saisons révolues, et le temps présent -
Qui est vie – et sa rumeur. C'est là, au cœur de cette
Immensité que ma pensée se noie -
Et il m'est doux de me perdre dans cette mer.

Traduit de l'italien par Nicolas Gille
Giacomo Leopardi


Quel clair de lune resplendissant !
Il brille sur les rideaux de soir de mon lit.
Mon cruel chagrin m'a fait prendre le sommeil.
Je trousse mon habit, me lève, vais au hasard.
Partir en voyage voilà, sans doute, un vrai plaisir,
Mais rien ne vaut un prompt retour chez soi.
Je sors et marche seul, indécis.
A qui confier les pensées qui m'accablent ?
J'attends avec impatience, puis finis par rentrer
Et verse des pleurs qui mouillent mes habits


Traduction du chinois par Yang Xi et Nicolas Gille






   
     

L’Iris sauvage

Au bout de ma douleur il y avait une porte.

Ecoute-moi bien, ce que tu appelles la mort, je m’en souviens.

Là-haut, des bruits, le remuement des branches de pin. Puis, plus rien. Un semblant de soleil vacilla sur l’étendue aride. C’est chose terrible que de survivre telle une conscience enfouie dans la terre sombre.

Puis ce fut terminé : voilà ce que tu crains, être une âme – et incapable de parler – voilà qui, sèchement, prend fin, la terre ferme qui cède un peu. Et ce que je pensai être des oiseaux se jetant dans de petits arbustes.

Toi qui ne te souviens pas d’un passage depuis l’autre monde je te dis que je pouvais encore parler : tout ce qui revient de l’oubli revient pour trouver une voix :

depuis le centre de ma vie surgit une grande fontaine, ombres bleu foncé sur un fond de mer azurée.

Traduction de l’anglais par Nicolas Gille

QUATRAIN

Deux loriots, tâches jaunes, chantent dans le saule bleu-vert,
Une enfilade de hérons blancs s'élève dans l'azur du ciel.
Dans l'encadrement de la fenêtre, vers l'ouest un enchaînement de
                                                          [cime enneigées par l'automne,
Devant la porte vers l'est amarrée, une barque du pays de Wu. Elle a
                                                          [parcouru dix mille li

Ci-joint la présentation d’une exposition de poètes expérimentaux majorquins, brésiliens et latino-américains.

à Fornalutz à Majorque

(Îles Baléares)